Rage against the machine de calcul

Portrait

Ingénieure dans une équipe-projet commune ou le plaisir de jouer en groupe

Portrait de Nathalie Furmento, ingénieure de recherche

L’équipe-projet Storm n’écrit pas la partition d’un morceau à quatre mains mais à bien plus que cela ! Comme beaucoup d’équipes de recherche Inria, elle ressemble à un orchestre complet, auquel participent des chercheurs venus de diverses institutions. Nathalie Furmento en fait partie et apprécie les accords du travail collaboratif.

Pourriez-vous nous présenter l’équipe-projet Storm dont vous faites partie ?

Notre équipe-projet est spécialisée dans le calcul haute performance. Pour simplifier, nous avons aujourd’hui des supercalculateurs, qui sont des ordinateurs liés les uns aux autres, afin de pouvoir effectuer de gros calculs à partir de grands volumes de données. Et notre mission est de faire le lien entre les applications qui permettent de faire ces calculs et les machines qui vont les supporter. Nous créons ainsi des supports d’exécution afin que les applications s’exécutent le plus vite possible, quel que soit le supercalculateur qui s’en charge. En parallèle, je travaille aussi dans l’équipe technique de PlaFRIM, plate-forme de calcul haute performance et d’expérimentation cogérée par Inria, le CNRS et l’université de Bordeaux via le Labri (Laboratoire bordelais de recherche en informatique). J’y mène des actions d’aide aux utilisateurs.

Vous êtes donc ingénieure de recherche dans une équipe-projet Inria ?

Je suis effectivement ingénieure de recherche CNRS dans une équipe-projet commune Inria. L’équipe-projet Storm est en fait composée de membres venant de quatre organismes différents : Inria, le CNRS, l’université de Bordeaux et l’école d’ingénieurs Bordeaux-INP. Cette organisation – sous forme d’équipe-projet commune à plusieurs institutions – est très fréquente chez Inria et apporte de nombreux avantages pour ceux qui y travaillent et pour les organismes ou même les industriels qui y participent.

Quels sont justement les bénéfices pour les chercheurs d’équipes-projets communes ?

C’est en premier lieu une solution logique : nous sommes d’un même domaine, nous avons les mêmes objectifs et cela a donc du sens de collaborer. J’accorde beaucoup plus d’importance aux compétences des personnes avec qui je travaille qu’aux organismes dont ils sont salariés.

L’avantage d’avoir une équipe-projet commune reconnue par les établissements de rattachement est que cela doit simplifier la vie des membres de l’équipe, avoir des budgets de l’équipe gérés par l’un d’eux et pouvoir bénéficier du soutien de tous, notamment en termes scientifiques pour conduire le projet de l’équipe.

Les financeurs apprécient également les projets collaboratifs, donc faire partie d’une équipe-projet commune peut aussi aider à décrocher des subventions. Enfin, scientifiquement et humainement, rassembler des chercheurs d’institutions différentes est forcément enrichissant : nous nous apportons d’autres points de vue, d’autres méthodes, d’autres outils.

Scientifiquement et humainement, rassembler des chercheurs d’institutions différentes est forcément enrichissant : nous nous apportons d’autres points de vue, d’autres méthodes, d’autres outils.

Cette organisation est-elle également une opportunité pour le monde de la recherche en général ?

Bien sûr ! Ce serait quand même dommage de ne pas permettre aux chercheurs de travailler ensemble et de diffuser leurs compétences. Là, chaque organisme participant y gagne, car les chercheurs ne sont que plus performants en collaborant avec les autres spécialistes de leur domaine. L’union des forces est toujours bénéfique. La recherche française en sort ainsi plus efficace.

Pour les institutions, même si cela implique quelques conventions supplémentaires, c’est également un avantage : chacune profite des avancées scientifiques et du rayonnement de l’équipe. Les universités peuvent s’appuyer sur les chercheurs partenaires pour trouver des applications dans l’enseignement ou encore offrir des expériences professionnelles à leurs étudiants. Tout le monde y trouve un bénéfice.

Au quotidien, cette composition mixte a-t-elle un impact en termes de fonctionnement ?

Quasiment pas. Nous avons parfois une petite dose d’administratif à faire en plus quand une mission est prise en charge par l’un des établissements de rattachement de l’équipe-projet. Pour les chercheurs, la seule différence est que leur évaluation est réalisée par les supérieurs hiérarchiques de nos institutions de rattachement. Bref, nous sommes véritablement une seule et même équipe. D’ailleurs, quand nous publions un article, les institutions de tous les chercheurs y figurent, comme un seul groupe.

Est-ce un système auquel vous-même êtes habituée ?

En fait, je n’ai connu que celui-ci. Après mon master 2 en informatique à l’université Nice-Sophia-Antipolis, j’ai fait ma thèse dans l’équipe-projet Inria Sloop, commune au CNRS et à l’université Nice-Sophia-Antipolis ! Puis je suis partie cinq ans pour un postdoc à l’Imperial College de Londres et en rentrant, j’ai décroché un poste au CNRS comme ingénieure de recherche au Labri (Laboratoire bordelais de recherche en informatique), dont fait partie l’équipe-projet Storm, où je travaille depuis cinq ans. J’ignore si travailler au sein d’une équipe de recherche qui n’aurait des chercheurs que d’un seul organisme me conviendrait, mais je sais en tout cas que l’organisation commune me plaît ! Nous avons tous des parcours différents, des compétences similaires ou complémentaires et c’est ce qui fait la force de l’équipe.

Si vous deviez associer un style musical à votre équipe commune, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

Nous sommes un orchestre. Et nous pouvons jouer n’importe quelle musique : du classique, de la fanfare, du rock… Car en fait, nous avons tous des instruments différents : nos compétences, que nous maîtrisons très bien. Et nous arrivons à jouer tous ensemble, à nous accorder, à collaborer, pour faire entendre, à la fin, une belle harmonie.

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